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Gastronomie

Herbes aromatiques en cuisine : la liste utile pour mieux assaisonner

Herbes aromatiques en cuisine : la liste utile pour mieux assaisonner

Un plat sans herbes, c'est comme une conversation sans intonation : tout est là, mais rien ne ressort. Le basilic, le romarin, la ciboulette ou l'aneth ne servent pas seulement à décorer l'assiette. Ils changent la perception d'un même ingrédient de base, et surtout, ils permettent d'orienter une recette vers une cuisine italienne, provençale ou orientale sans changer une seule ligne de la liste de courses. Encore faut-il savoir laquelle utiliser, et surtout, à quel moment.

Le trio méditerranéen : basilic, origan et romarin

Ces trois herbes couvrent à elles seules une grande partie des plats de tomates, de grillades et de légumes d'été. Leur point commun : elles supportent la cuisson, contrairement à d'autres herbes plus fragiles.

Herbes aromatiques en cuisine : la liste utile pour mieux assaisonner
Herbes aromatiques en cuisine : la liste utile pour mieux assaisonner

Le basilic, l'herbe de l'été à ne pas cuire trop longtemps

Le basilic est l'herbe méditerranéenne par excellence. Ses feuilles au parfum intense, légèrement sucré avec des notes poivrées, sont riches en vitamines A et C. Il s'accorde avec les tomates, les pâtes, les pizzas, mais aussi avec les fromages frais comme la mozzarella, la ricotta, la fêta ou le chèvre. On le retrouve dans les carpaccios de légumes ou de viande, les vinaigrettes à l'huile d'olive et au citron, et même dans les desserts : quelques feuilles avec des abricots, des fraises ou des tranches d'ananas changent tout. Il fonctionne aussi très bien avec les poissons et les viandes blanches grillées ou mijotées, ainsi que dans les omelettes.

Son vrai point faible : la cuisson. Le basilic se dénature rapidement. Ajoutez-le en fin de cuisson ou cru, directement dans l'assiette. Il est au meilleur de sa saveur en été, de juin à août. Si vous voulez en profiter plus longtemps, la congélation des feuilles entières ou hachées donne de meilleurs résultats que le séchage, qui fait perdre une grande partie de son arôme.

L'origan, bien plus qu'une herbe à pizza

L'origan est souvent réduit à la pizza, mais son usage dépasse largement ce cadre. Il est très présent dans la cuisine portugaise, et il accompagne la plupart des plats de pâtes, les sauces et les ragoûts à base de tomate. Son parfum, qui évoque un mélange de thym et de menthe, est l'un des assaisonnements les plus marqués géographiquement : difficile de confondre un plat à l'origan avec une autre cuisine.

Contrairement au basilic, l'origan supporte bien la cuisson. Il peut être ajouté dès le début d'une sauce tomate ou d'un ragoût, et il se marie parfaitement avec les légumes d'été : tomates, courgettes, poivrons, aubergines. C'est aussi une plante de jardin intéressante, avec ses petites fleurs roses très pâles qui fleurissent en été.

Le romarin, l'herbe de la garrigue pour les viandes et les poêlées

Le romarin est sans doute l'herbe la plus emblématique du sud de la France et de la gastronomie méditerranéenne. Il évoque la garrigue, le thym et les grillades. Son usage principal : rehausser le goût des viandes, notamment en rôtis et en grillades. Il se prête aussi très bien aux poêlées de légumes.

Le romarin se marie très souvent avec le thym, car les deux herbes sont complémentaires en goût. Il pousse à l'état sauvage dans le Languedoc-Roussillon, et son parfum puissant évoque le littoral méditerranéen. C'est une herbe robuste qui supporte les cuissons longues, ce qui en fait un choix pertinent pour les plats mijotés et les marinades.

HerbeMeilleure utilisationMoment d'ajoutSaison idéale
BasilicPlats froids, sauces tomate, fromages frais, dessertsEn fin de cuisson ou cruJuin à août
OriganSauces tomate, ragoûts, pizzas, légumes d'étéDès le début de la cuissonÉté, supporte le séchage
RomarinViandes grillées, rôtis, poêlées de légumesDès le début de la cuissonToute l'année, supporte le séchage

Les herbes fraîches à utiliser crues : persil, ciboulette et menthe

Toutes les herbes ne se comportent pas de la même façon à la cuisson. Le persil, la ciboulette et la menthe appartiennent à une autre catégorie : celles qu'on utilise plutôt crues ou en toute fin de cuisson, pour préserver leur fraîcheur et leur parfum.

Le persil, l'herbe polyvalente à toujours avoir sous la main

Le persil possède l'une des plus larges palettes d'utilisation possible. Son goût subtil se marie avec beaucoup d'aliments différents, et il peut assaisonner des plats très variés. En France, on le connaît surtout pour les sauces, les beurres composés et comme condiment sur les viandes rouges. Historiquement, le persil n'était pas considéré comme un ingrédient de cuisine mais comme une plante médicinale. Il est d'ailleurs gorgé de vitamine C.

Le point important : le persil déshydraté en poudre ne vaut pas le persil frais. La palette aromatique complète ne s'exprime que sur une plante fraîche. Si vous n'avez pas de jardin, un pot sur le rebord d'une fenêtre suffit pour avoir du persil à disposition toute l'année.

La ciboulette, la fine herbe qui se mange crue

La ciboulette fait partie de la famille des fines herbes. Son goût est proche de l'oignon nouveau, de l'ail et du poireau. Elle se mange plutôt crue, car son goût très frais s'évanouit à la cuisson. Elle est excellente dans les salades, les mayonnaises, les sauces au yaourt, le fromage blanc et les crèmes. Elle se marie très bien avec les œufs, ajoutée en fin de cuisson, et les plats contenant du fromage frais.

Herbes aromatiques en cuisine : la liste utile pour mieux assaisonner
Herbes aromatiques en cuisine : la liste utile pour mieux assaisonner

Un bon point pour les jardiniers : la ciboulette fait un très bon anti-pucerons naturel. Plantée à côté de plantes fragiles, elle les protège. Sa cueillette se fait de mars à octobre, et si on la laisse pousser, elle donne de magnifiques fleurs blanches et violettes. Elle se mélange sans souci avec le persil, l'estragon, le cerfeuil, le basilic et même l'ail.

La menthe, l'herbe qui calme les plats trop épicés

La menthe est connue pour son côté très frais et son arôme puissant. Elle s'utilise aussi bien dans les préparations sucrées que salées, et elle est particulièrement appréciée pour apaiser les plats très épicés. C'est pour cette raison qu'on la retrouve beaucoup dans la cuisine orientale et indienne. En France, elle se consomme fraîche principalement de juin à août.

Elle est excellente crue dans des sauces comme le tzatziki, dans les préparations froides, mais aussi avec certains plats de viande. La menthe se conserve mieux fraîche, dans un verre d'eau au réfrigérateur, plutôt que séchée.

L'aneth, l'herbe à poisson qui gagne du terrain

L'aneth est une herbe assez particulière qui vient de Mésopotamie. Son goût est proche de celui du fenouil, avec des pointes anisées et une force assez prononcée sur le palais. Elle est connue pour aider la digestion, et sa consommation en Occident est en croissance constante ces dernières années.

Son utilisation est toute indiquée pour les plats de poisson. Les graines d'aneth peuvent aussi être récoltées pour prolonger son utilisation. C'est une herbe qui demande à être utilisée avec parcimonie : son goût anisé peut vite dominer un plat si on en met trop.

Les erreurs fréquentes avec les herbes aromatiques

La première erreur, c'est de traiter toutes les herbes de la même façon. Le basilic et la ciboulette ne supportent pas la cuisson longue, alors que le romarin et l'origan en ont besoin pour libérer leurs arômes. Ajouter du basilic au début d'une sauce tomate qui va mijoter une heure, c'est le condamner à disparaître complètement.

La deuxième erreur, c'est d'utiliser systématiquement des herbes séchées. Le persil déshydraté, par exemple, n'a plus grand-chose à voir avec le persil frais. Les herbes qui supportent bien le séchage sont celles qui ont des feuilles épaisses et ligneuses : romarin, thym, laurier, sarriette, origan. Les herbes à feuilles fines et tendres, comme le basilic, la menthe, la ciboulette ou le persil, se conservent mieux fraîches, dans un verre d'eau au réfrigérateur.

La troisième erreur, c'est de négliger le moment de l'ajout. Les herbes fraîches s'ajoutent en fin de cuisson ou crues. Les herbes séchées, au contraire, ont besoin de temps pour se réhydrater et diffuser leur parfum. Une règle simple : plus l'herbe est sèche, plus tôt elle doit être ajoutée dans la préparation.

Quelques repères pour bien conserver et doser vos herbes

La conservation dépend de la nature de l'herbe. Le romarin, le thym, le laurier et la sarriette peuvent être séchés sans perdre beaucoup de leur puissance. Le basilic, la menthe et la mélisse se conservent mieux fraîches, dans un verre d'eau au réfrigérateur. Les graines de certaines plantes, comme l'aneth, le fenouil ou le fenugrec, peuvent être récoltées pour prolonger leur utilisation.

Concernant les quantités, il vaut mieux commencer avec peu et ajuster. Une herbe fraîche perd de son volume à la cuisson, mais gagne en intensité. Une herbe séchée est plus concentrée : comptez environ un tiers de la quantité d'herbe fraîche indiquée dans une recette. Et si vous avez un doute sur l'association, partez du principe que les herbes d'une même région se marient naturellement : basilic et origan pour l'Italie, thym et romarin pour la Provence, coriandre et menthe pour l'Orient.

Le plus simple pour progresser, c'est de choisir une ou deux herbes à la fois et de les tester dans des plats simples. Un poulet rôti au romarin, une sauce tomate à l'origan, une salade de tomates au basilic : trois classiques qui permettent de comprendre comment chaque herbe se comporte, sans avoir besoin d'un placard entier rempli de petits pots.

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